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10 Avr 2012 - 18:14:50

Mode / A la rencontre de Hortense Kindo, styliste-modéliste


Située à Cocody-Angré,
carrefour Adama Sanogo, la styliste-modéliste, Hortense Kindo fait des
créations atypiques, qui suscitent l’admiration. Elève du célèbre habilleur
africain, Pathé ‘O, ses confections allient à la fois le doigté du maitre et le
savoir-faire de l’élève (Hortense Kindo). La somme de ses expériences lui a
valu une renommée dans le milieu de la Mode ivoirienne.



Hortense Kindo : Un destin
et une vocation



Sa passion, elle la couve depuis son adolescence. Déjà en classe de 4è,
elle caressait l’envie de devenir styliste-modéliste. Les crépitements de
l’aiguille et le vrombissement du moteur-mécanique de la machine à coudre de sa
mère à la maison, créent en elle le déclic. Et plus tard, il nait une idylle
entre elle et la couture. Dans les années 80, le système éducatif ivoirien prévoyait
la puériculture (enseignements de couture, de tricotage, etc.). Qui était
prodigué par  des nonnes (sœurs catholiques).
« En classe de 4è, on nous avait
demandé de dessiner notre métier futur. J’ai fait le croquis d’une table et une
machine à coudre 
», révèle Hortense Kindo. En 1988, elle débute sa
formation et arrive aux côtés du maître du voile teinté, Pathé ‘O. Aux moyens
de sa détermination, de son courage et de son abnégation, Hortense Kindo
raffine patiemment son talent et rapièce son art. Elle se spécialise en coupe dame
et homme. La jeune styliste-modéliste décide de s’immiscer résolument dans la
confection des ensembles-pagnes, ensembles-tuniques, des tailleurs et des robes
de mariées. « J’ai décidé de débuter
chez un particulier, parce que je voulais allier théorie et pratique
 »,
ajoute la couturière au niveau d’étude de 3è. Au sortir d’une formation continue
de quatre (4) ans, l’ivoirienne originaire de la région de l’Indénié-Djuablin
s’installe à son propre compte sans coup férir. « Je me suis installée le plus facilement du monde. J’ai ouvert mon
premier atelier de couture aux II Plateaux Vallons en 1993 
», indique
Hortense Kindo. Et depuis les années 2000, elle tient un salon de haute couture
à Cocody-Angré.



Hortense Kindo : Une
vocation forgée à l’école de Pathé’O  



Alors que le styliste, précise-t-elle, est un couturier qui a pour
spécialité de dessiner les modèles de vêtements ; le modéliste, quant à
lui, elle le définit comme un professionnel qui a à charge la réalisation des
croquis dessinés par le premier cité. « Je suis un styliste-modéliste parce que je dessine mes modèles de
vêtements et je les confectionne
 par la suite», se qualifie l’habilleur
Hortense Kindo. Si la styliste-modéliste aurait voulu être restauratrice pour
se faire une place au soleil, la professionnelle de la couture soutient avec
véhémence : « Ce métier peut
nourrir son homme mais, cela dépend des conditions dans lesquelles l’on
travaille. C’est un métier qui demande beaucoup d’investissement financier et
logistique. Il faut s’installer avec des outils de travail adaptés (des
machines à coudre électriques, des machines de surfilage, des machines de
broderies, etc). Je pense qu’il faut aussi être entouré d’une équipe dynamique
 ».
Faisant des chemises (hommes) et des ensembles-dames une véritable spécialité, elle
utilise du pagne, du baltique, du lin, du coton glacé et de la soie comme
matériel de travail. Toutefois, Hortense Kindo soutient qu’un chef-couturier
peut être submergé par des vagues de découragements, lorsque ses stagiaires
(collaborateurs) n’arrivent pas à s’inscrire dans la vision de celui-ci.
« Ce qui fait que vous n’arrivez pas
à atteindre vos objectifs 
», a-t-elle déploré. La discrétion et la
talent font de Hortense Kindo l’une des citoyennes au service de la Mode en
Côte d’Ivoire. Célérité, efficacité et respect fondent la fierté et la notoriété
de cette élève de l’habilleur des présidents africains, Pathé ‘O. « Aujourd’hui, lorsque Pathé ‘O me voit, il
est fier de moi. Il connait ce que je fais comme travail
 »,
lâche-t-elle honnêtement. Bien que ses créations soient d’une grande
originalité (marquée de broderie et de garnitures perlées ou dorées), la
styliste-modéliste sait faire plaisir à sa clientèle en leur offrant des
prestations de qualité ainsi que des tarifs abordables et préférentiels. En plus
de cela, la couturière dit mettre un point d’honneur à l’accueil des clients, à
la présentation de ses articles et à la qualité du produit fini. « Chez
Hortense Kindo, on finit toujours par s’entendre », renchéri-t-elle. S’attardant
sur la problématique des « faux rendez-vous » reconnus aux hommes de
métier, la styliste-modéliste répond sans ambages : « Si vous voulez garder votre clientèle, vous
ne donnez pas de faux rendez-vous. Ne pas donner de faux rendez-vous, c’est
avec les hommes que ça marche. Cela peut arriver qu’on n’ai fini l’article ou
pas, il faut prévenir le client quelques heures auparavant pour le lui
signifier. C’est cela être professionnel 
». S’agissant des relations
avec les autres créateurs, Hortense Kindo a dénoncé le manque de fraternité et
de solidarité entre les Hommes de Mode ivoirienne. « Chaque styliste-modéliste est dans son coin. C’est dommage que ce soit
ainsi. On n’a pas le temps. Souvent, c’est difficile ! Pour adhérer à
l’association des stylistes-modélistes de Côte d’Ivoire, l’on exige quatre (4)
cent mille francs (400.000) francs CFA. Ce n’est pas normal ! Cela
signifie qu’il ne vise pas à réunir tout le monde. C’est une catégorie qui est
concernée par cette association 
», s’est-elle insurgée.



La couture : Un métier de
réelles difficultés    



Le nœud gordien de la relance du secteur de l’artisanat reste la cherté des
magasins due à la crise postélectorale ivoirienne. Hortense Kindo relate qu’il
est parfois difficile de faire face aux charges,  mêmes fixes. Même si depuis quelques mois, les
matériaux de confection de premières nécessités (les boutons, la popeline, les
garnitures et autres)  sont relativement
présents sur le marché, cela apparaît, selon la styliste-modéliste, comme une
réelle difficulté dans la mesure où, les créateurs de mode sont confrontés à la
limitation dans les choix des matériaux pour la décoration de leurs créations. Hortense
Kindo révèle  aussi qu’il y a un problème
à dénicher les couturiers talentueux et des apprenants courageux, assidus et
attentionnés. Il faut ajouter à tout cela, souligne-t-elle, l’ingratitude et la
mauvaise foi de certains clients. « Les
hommes sont plus reconnaissants que les femmes. Lorsqu’il y a du bon travail
qui a été réalisé, ils vous le font savoir.  Et, ils viennent retirer à temps leurs vêtements.
Quand c’est bien cousu, ils savent vous dire merci. Contrairement aux hommes, les
femmes préfèrent passer leur temps à critiquer vos créations. Elles trouvent
toujours à redire sur le travail réalisé. C’est la raison pour laquelle je
préfère travailler avec les hommes
 », a martelé Hortense Kindo.



Une nécessité : La
formation en création et en management de mode  



Afin de vivre décemment de la Mode et maitriser l’environnement de ce
secteur, la styliste-modéliste a introduit un plaidoyer auprès des autorités
ivoiriennes. Hortense Kindo demande la baisse des taxes communales (en vue de
permettre aux créateurs de mode de tirer profit de leur métier), la mise en
place de subventions et de prêts bancaires (pour soutenir l’investissement
privé) ainsi que le renforcement des capacités ou la formation en création et
en management de mode. Sans oublier la création d’un salon ivoirien pour la
promotion des talents nationaux. A la jeunesse voulant conduire leurs premiers
pas dans le métier de la couture, Hortense Kindo recommande : « Je leur demande d’aller d’abord à l’école pour
mieux comprendre les contours du métier. Il y a des calculs de multiplication
ou de division à faire. Je regrette de ne pas avoir pas fait une formation dans
une école de couture. Il y a des techniques (les tracés et autres notions
élémentaires) qui sont enseignées dans les écoles de formation que l’on ne
dispense pas dans les différents ateliers de coutures
 des particuliers». La styliste-modéliste
totalise dix-neuf (19) années d’expérience, un parchemin éloquent et une renommée,
qui font de Hortense Kindo l’un des ‘’ciseaux’’ qui font la fierté de la Mode
ivoirienne. 



P.K 


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http://demontherland.sosblog.fr/intelligent-b1/Mode-A-la-rencontre-de-Hortense-Kindo-styliste-modeliste-b1-p56447.htm

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